22. mars 2026
𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲 𝟮% 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗼𝗽𝘂𝗹𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗽𝗲𝘁𝗶𝘁𝗲 𝗳𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗮 𝘂𝗻 𝗤𝗜 𝘀𝘂𝗽𝗲́𝗿𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗮̀ 𝟭𝟯𝟬
140, plus exactement.
Au-delà de 130, on parle de haut potentiel.
Je l’ai appris en primaire
Et ensuite...
rien.
C’était le début des années 90.
On ne savait pas vraiment quoi faire de ce genre d’information.
Le haut potentiel n’était ni connu, ni reconnu.
Il n’y avait pas de cadre, pas de suivi, pas d’accompagnement.
On me trouvait "en avance", alors on m’a fait sauter des classes.
Et puis un enfant "intelligent" c'est forcément une bonne nouvelle!
En réalité, un diagnostic sans accompagnement c'est un problème.
J’ai navigué seule dans les eaux troubles de mon "potentiel",
et je l’ai plus souvent vécu comme un handicap plutôt qu’une bénédiction.
Un cerveau qui va (trop) vite, incapable de faire le tri.
Des émotions trop vives, qu’on n’arrive pas à contrôler.
Du brouhaha.
Du chaos, en moi.
C’est le théâtre qui m’a aidée à me canaliser.
À faire de l’intensité une force, plutôt qu’un défaut.
La fureur de Médée
La révolte d’Antigone
Le désespoir de Phèdre
Toutes ces émotions poussées à l’extrême,
et dans lesquelles je me sentais (enfin) normale.
Là, sur scène, je n’avais plus besoin de contenir.
J’avais le droit d’ÊTRE.
C’est ce que je veux transmettre aujourd’hui.
On parle beaucoup d’inclusion.
Mais la plupart des environnements continuent d’être pensés pour un seul type de fonctionnement :
➡️ linéaire
➡️ normé
➡️ conforme
Résultat ?
Les profils neurodivergents (autistes, HPI, TDA/H, hypersensibles…) doivent encore trop souvent s’adapter, masquer, performer…
dans un système qui ne les comprend pas.
Je me suis longtemps demandé pourquoi certaines personnes me semblaient plus faciles à lire, à comprendre
Et un jour, j’ai compris :
Leurs comportements, dits "atypiques", ne l’étaient pas pour moi.
Ils étaient simplement... sincères.
Un rapport au monde brut, intense, désarmant.
Et profondément humain.
Aujourd’hui, je sais que c’est à ces profils-là que j’ai envie de consacrer mon énergie.
Ceux qu’on a toujours poussés à "s’ajuster".
Lisser leur manière de parler, de penser, de ressentir.
Entrer dans un moule qui ne leur a jamais convenu.
Parce qu’on ne naît pas "à l’aise en société".
On peut apprendre à se dire.
À écouter.
À poser ses limites.
Je suis convaincue que les compétences sociales peuvent être comprises, traduites, réappropriées.
Et la neurodivergence n’est pas un défaut à corriger.
C’est une richesse à accueillir.
À condition qu’on arrête de l’obliger à se cacher.
J’ai mis près de 40 ans à comprendre qui j’étais.
J’aurais aimé qu’on me dise plus tôt que je n’avais rien à réparer.
Alors aujourd’hui, j’ai décidé de créer luz. ✨, un espace où personne n’aurait à se justifier d’être lui-même.
SD

