22. mars 2026
✨ AVIGNON - CHRONIQUE D'UNE INVISIBLE
L'épuisement se fait sévèrement sentir, la résilience s'effrite...
Que diable allais-je donc faire dans cette galère ?
J'aurais été une saltimbanque formidable à 20 ans, j'aurais fait la roue, déclamer des vers, fait des pirouettes en poussant la chansonnette :-)
Mais voilà, ça fait 23 ans que j'ai 20 ans...
La réalité physique s'invite dans l'aventure, et elle n'est pas tendre
mais ce n'est pas elle qui pèse le plus
🙉 notre kryptonite c’est le "Désolé, on est complet",
qu'on aura entendu tout le long du festival...
Et pourtant, il faut persévérer, ne pas se laisser abattre...
Alors je vous pose la question...
Est-il encore utile de tracter dans les rues ?
En dehors du folklore qui plait tant aux festivaliers, les mêmes qui s'impatientent d'être harcelés à chaque coin de rue...
"oh non ça perdrait tout son charme si les compagnies ne déambulaient plus dans les rues... mais si elles pouvaient éviter de nous harceler toutes les 5 min..."
Comme si nous étions les joyeux figurants de leur WE en Avignon...
🙈 enfin... ça fait quand même cher la figuration...
Et pourtant si tout est accessible en ligne, pourquoi s'en priver ?
Spectacles réservés à l’avance, programme bien ficelé avant d'arriver sur place pour ne pas passer à côté de celui dont tout le monde parle (parfois depuis plusieurs années)
Que reste-t-il aux petites compagnies ?
Celles et ceux, qui n’ont que la rue pour se faire entendre ?
Pour nous, Avignon est un gouffre financier : théâtre, logement, déplacements…
Tout est investi dans ces quelques semaines de rencontres et d’espoirs.
🙊 Nous sommes les invisibles, ceux qui n'ont pas d'autre choix que de vous approcher dans la rue.
Certains festivaliers sont désolés de nous éconduire, d’autres nous ignorent avec aplomb... Qqns nous écartent d'un simple geste de la main, comme on chasserait une mouche.
C'est le jeu, mais que faire quand les dés sont pipés...
Banqueroute, ne passez par la case départ, ne touchez pas les 10 000€
Evidemment, il y a ceux qui nous offrent un sourire, un regard, une oreille attentive, et je crois profondément qu'un spectacle trouvera tjs son public.
Mais rappelons-le clairement : le comédien n’est pas un amuseur public, un drôle qui se nourrirait de rires et d'applaudissements.
C’est un artisan passionné, qui vous propose souvent un morceau de lui-même au détour d’une rue.
Tous les jours, avec conviction, il remet son ouvrage... et porte haut et fort l'étendard du spectacle vivant !
Alors oui, il y a les spectacles dont tout le monde parle, mais il y a aussi celui dont personne ne vous parlera mieux que la personne qui vous tend humblement son petit bout de papier.
AMA en Avignon s'est terminé
Mais c'est maintenant que tout commence...
SD

